Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

 

Un spectacle musical visuellement très réussi et porté par une troupe impressionnante de précision.

Londres vers 1880. Adèle est une jeune fille contrainte à la chaise roulante. Le cadeau magique d’une paire de bottines mystérieuses lui permet de marcher la nuit. À la tombée du jour, Adèle s’aventure dans les docks, croise des musiciens des rues, des marchands, des voleurs, tout un monde nocturne où l’aventure et le danger circulent à parts égales. La rencontre avec un jeune orphelin au tempérament vif ouvre la porte d’un récit mêlant conte fantastique et regard social sur l’enfance abandonnée.

Yanowski imagine une histoire nourrie de figures populaires et d’images de music-hall. L’univers possède un charme évident et l’atmosphère victorienne installe rapidement un décor propice aux escapades nocturnes. Le livret donne parfois l’impression d’un récit en recherche d’équilibre. Les épisodes se succèdent avec invention mais la trajectoire dramatique peine à se resserrer. La dernière partie s’étire légèrement et la résolution arrive avec moins d’ampleur que l’aventure ne semblait le promettre.

La scène raconte cependant autre chose. La mise en scène d’Emmanuel Touchard et la chorégraphie de Laurence Perez apportent au spectacle une véritable cohérence visuelle. Les déplacements collectifs, les ensembles chantés et les scènes de foule composent des tableaux vivants et lisibles. L’œil circule facilement d’un groupe à l’autre et la narration avance avec fluidité.

La musique de Yanowski participe largement à cette atmosphère. Les mélodies empruntent à la chanson, au cabaret et à une veine plus sombre pour évoquer les ruelles londoniennes. La présence de musiciens sur scène ajoute une texture sonore agréable et soutient les interprètes avec élégance.

Ce qui frappe surtout, c’est la précision du chant et de la danse. L’impression d’une troupe très préparée s’impose rapidement. Les ensembles sont impeccablement en place, les harmonies vocales nettes, les chorégraphies exécutées avec une rigueur qui donne beaucoup de plaisir à regarder. Le spectacle fonctionne comme la mécanique bien réglée d’un véritable collectif. Les séquences de danse et les passages chantés offrent d’ailleurs les moments les plus convaincants de la soirée, tant la mise en place et la justesse sont remarquables.

L’ensemble laisse donc une impression contrastée mais stimulante. Une énergie collective évidente, un univers visuel très séduisant, des interprètes très engagés, une scène constamment animée. Reste un livret qui gagnerait encore quelques tours pour atteindre toute la force qu’il promet. La machine scénique fonctionne déjà à merveille, il lui manque simplement l’étincelle finale de l’histoire.

 

 

Spectacle du 8 mars 2026

Frédéric Perez, spectatif.com

 

De Yanowski. Mise en scène et arrangements musicaux Emmanuel Touchard. Chorégraphie Laurence Perez. Orchestration Emmanuel Martin. Costumes et accessoires Léa Benitah. Création lumières Frédéric Brémond. Concept acoustique Jean Christophe Dumoitier.

Avec Céleste Hauser ou Laura Tardino ou Alice Lecat, Eva Tesiorowski ou Ellie Van Gele, Gaspard Coulon ou Lancelot Looten, Zoé Gedicht ou Laura Extramiana, Alice Pavlidis ou Catherine Salamito, Clément Malet ou Solys Shebli, Max Carpentier ou Thomas Boutilier, Margot Murray ou Alice Lecat, Matilda Gemain ou Léa Mazmanian, Baptiste Juge ou Julien Biermann, Pierre Folloppe ou Bastien Gabriel, Rémi Palazy ou Clément Ducourneau, Marielle K’Bidy ou Alissia Doro, Yanowski ou Henri Pauliat ou Romain Dayez.

 

Photos © DR
Photos © DR
Photos © DR
Photos © DR

Photos © DR

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :