Habité. Intemporel. Intense.
Antigone : une tragédie qui traverse les siècles en renouvelant le mythe antique pour interroger des enjeux profondément modernes. À travers le conflit entre Antigone et Créon, la pièce met en scène une réflexion sur la loi, la liberté et la révolte face au pouvoir.
À Thèbes, après la mort des deux frères d’Antigone, Étéocle et Polynice, qui se sont entretués pour le pouvoir, le roi Créon prend une décision radicale : Étéocle sera honoré comme un héros, tandis que Polynice, considéré comme un traître, sera privé de sépulture. Quiconque enfreindra cet ordre sera condamné à mort.
Mais Antigone refuse d’obéir à cette loi qu’elle juge injuste, car contraire aux lois morales et religieuses. Un affrontement inévitable s’engage alors entre elle et Créon.
Créon défend l’ordre, la stabilité du royaume et son devoir de roi, tandis qu’Antigone reste fidèle à ses convictions, prête à en payer le prix.
La pièce met en scène un conflit tragique entre la loi des hommes et la conscience individuelle, et montre jusqu’où peut mener l’intransigeance, qu’elle soit celle du pouvoir ou celle de la révolte.
Dès l’ouverture, dans une pénombre solennelle, les comédiens s’avancent au-devant de la scène. Tour à tour, chacun allume une petite lumière au-dessus de lui pour se présenter : Ismène, sœur d’Antigone ; Créon, roi inflexible ; Hémon, son fils ; la nourrice ; le garde.
Antigone, elle, reste d’abord en retrait. Puis, lentement, elle s’avance : fille d’Œdipe, elle entre dans la lumière… et l’histoire peut commencer.
Cette mise en scène de Didier Long simple et cérémonielle donne d’emblée des repères clairs et installe une mécanique tragique implacable. Orchestrée avec rigueur et grande justesse, nous nous laissons pleinement porter par les mots et le jeu des acteurs, témoins de la tragédie.
La scénographie intemporelle repose sur une grande sobriété. Le plateau est épuré, structuré par quelques volumes noirs simples qui dessinent l’espace sans l’enfermer. Le fond, aux nuances légèrement texturées, crée une atmosphère froide et intemporelle. Ce dépouillement renforce chaque geste, chaque silence, et donne aux émotions une intensité saisissante
Les lumières d’Antonin Bensaïd créent une ambiance froide et grave, avec des tons bleutés. Elles découpent les corps, soulignent et isolent parfois les personnages. Les ombres renforcent le climat de doute et de fatalité.
Les comédiens incarnent leurs personnages avec justesse, intensifiant les émotions et les conflits qui traversent l’œuvre.
Éric Laugerias incarne un Créon grandiose et autoritaire, dont la présence impose une tension constante entre pouvoir et devoir.
Hermine Granville est une Antigone émouvante et habitée, porteuse d’une révolte intense et d’une grande sincérité face à la loi.
Cassandre de Kerraoul campe avec délicatesse une Ismène prudente, marquée par la peur et le doute.
Valérie Vogt, en nourrice, apporte une humanité touchante et une douceur nostalgique, qui contraste avec la dureté de l’intrigue.
Robin Hairabian interprète un Hémon tiraillé, déchiré entre l’amour et la loyauté familiale.
Antony Cochin joue le garde dans un registre fonctionnel, représentant l’ordre et l’obéissance sans état d’âme.
Un conflit tragique entre la loi et la conscience qui nous amène à réfléchir à la rigidité du pouvoir et à la force des convictions individuelles.
Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com Spectacles Vivants
A partir du 14 Avril Théâtre de Poche-Montparnasse 75 boulevard du Montparnasse
75006 PARIS
Du mardi au samedi à 21h - le dimanche 17h
Durée : 1h45
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